Pour choisir un implant, on compare essentiellement sur ces axes :
- Forme (rond vs anatomique)
- Contenu (gel de silicone vs solution saline)
- Surface (lisse vs texturée vs micro/nanotexturée)
- Position (sous-glandulaire vs sous-musculaire / dual-plane)
Nous allons comparer ces options selon différents critères : rendu visuel, toucher, risque de complications, mobilité, longévité, adaptation aux morphologies, etc.
1. Forme : rond vs anatomique (forme en goutte d’eau)
| Critère | Implant rond | Implant anatomique (goutte) |
|---|---|---|
| Rendu visuel | Volume uniformément réparti, accent sur la partie supérieure du sein (plus de galbe en haut) | Forme plus naturelle : plus de projection en bas, moins sur le dessus |
| Aspect “décolleté” | Plus prononcé, effet plus “présentable” | Plus discret, aspect plus doux et équilibré |
| Risque de rotation | Rotation sans effet visible (symétrie) | Si rotation de l’implant, la forme change visiblement — nécessite une réintervention |
| Adaptation morphologique | Convient à beaucoup de morphologies, surtout si on souhaite un effet plus visible | Idéal pour les poitrines fines ou les patientes cherchant un rendu très naturel |
| Complexité chirurgicale | Moins de contraintes au niveau de l’orientation | Positionnement plus exigeant pour éviter rotation ou mauvaise orientation |
| Préférences des patientes | Souvent choisie quand on cherche un volume plus marqué | Choisie par celles qui veulent un résultat discret mais harmonieux |
👉 En pratique, si la patiente souhaite un sein visible ou un effet “galbe”, l’implant rond est souvent choisi. Si elle cherche un aspect naturel et discret, l’anatomique est une excellente option (avec le risque de rotation bien évalué).
2. Contenu : gel de silicone cohésif vs solution saline
| Critère | Gel de silicone cohésif | Solution saline |
|---|---|---|
| Toucher | Très proche du tissu mammaire naturel, souple | Moins naturel, parfois un effet de vague si trop soumis à pression |
| Risque en cas de fuite / rupture | Le gel reste cohésif, risque réduit de fuite externe | Le sérum se résorbe, mais l’implant perd de son volume visiblement |
| Réglementation / popularité | Très courants, bien documentés, largement utilisés | Moins utilisés de nos jours dans de nombreuses régions |
| Aspect esthétique | Meilleur rendu, moindre risque de plis visibles | Plus risqué aux contraintes de pression ou de variation de volume |
| Sécurité | Haute sécurité avec les gels cohésifs “5ᵉ génération” | Sécurité acceptable mais moins de stabilité structurelle |
👉 Le gel de silicone cohésif est aujourd’hui la solution de référence pour la plupart des chirurgiens, car il balance toucher naturel, sécurité et durabilité.
3. Surface : lisse vs texturée vs micro/nanotexturée
| Critère | Surface lisse | Surface texturée | Micro-/nano-texture |
|---|---|---|---|
| Mobilité de l’implant | Libre, moins de friction avec les tissus | Adhésion accrue, moins de déplacement | Tentative d’équilibre : fixité légère sans excès d’adhésion |
| Risque de coque (capsule fibreuse) | Lisse peut favoriser la formation de coques dans certains cas | Surface texturée peut réduire ce risque (mais débat existe) | Surface intermédiaire pour minimiser les deux extrêmes |
| Dissection chirurgicale | Technique plus simple, moins de contraintes sur les tissus | Nécessite plus de précision pour éviter les irrégularités | Nouvelle génération visant à combiner les bénéfices |
| Attrait dans le corps | Moins d’adhérence, parfois mouvements légers | Meilleure “stabilisation” locale | Un compromis moderne |
👉 Les surfaces texturées ont longtemps été privilégiées pour leur meilleure fixation, mais avec la montée des préoccupations (coque, BIA-ALCL), les surfaces micro/nanotexturées sont de plus en plus étudiées comme compromis.
4. Position de l’implant : sous-glandulaire vs sous-musculaire / dual-plane
| Critère | Sous-glandulaire | Sous-musculaire / dual-plane |
|---|---|---|
| Résultat visuel rapide | Le volume est visible immédiatement, galbe placé haut | Plus naturel, progressif, le muscle “cache” la partie supérieure dans certaines morphologies |
| Douleur post-opératoire | Généralement moins douloureux | Douleurs plus marquées car muscle soulevé / manipulations musculaires |
| Risque de “sein qui flotte” ou affaissement | Si peu de tissu mammaire, l’implant peut être visible ou trop “posé” | Meilleure tenue dans le temps, moins d’effet affaissé |
| Candidats idéaux | Patientes avec un peu de tissu mammaire existant | Patientes très minces, peu de glande, peau fine |
| Technique de pose plus exigeante | Moins de contraintes chirurgicales | Le dual-plane permet un compromis : partie supérieure sous-musculaire, partie inférieure sous-glandulaire |
| Risques de complications | Risque de plis plus visibles, moins de “coussin musculaire” | Risque de déformation avec contraction musculaire, plus d’inconfort initial |
👉 Le choix dépend beaucoup du profil de la patiente : morphologie, quantité de tissu mammaire existant, attentes de volume, tolérance à la douleur.
5. Comparatif résumé et recommandations selon les profils
Voici un tableau synthétique avec recommandations selon le type de patiente et ses priorités :
| Profil / priorité | Forme recommandée | Contenu | Surface | Position |
|---|---|---|---|---|
| Femme fine, peu de tissu mammaire, veut un rendu naturel | Anatomique | Gel cohésif | Micro/nanotexturé | Sous-musculaire ou dual-plane |
| Femme cherchant un sein plus visible / “décolleté” marqué | Rond | Gel cohésif | Lisse ou microtexture | Sous-glandulaire (si tissu suffisant) ou dual-plane |
| Patiente prudente face aux risques de rupture | Rond ou anatomique | Gel cohésif | Microtexture | Sous-musculaire pour plus de couverture |
| Cas de révision ou remplacement | Selon ce qui existait, mais privilégier la sécurité | Gel cohésif de nouvelle génération | Micro/nano | Dual-plane si possible |
6. Cas pratiques illustratifs
- Patiente A, 28 ans, silhouette fine, poitrine A, souhaite +1 ou +1,5 bonnet, veut quelque chose de naturel.
→ Implant anatomique, gel cohésif, microtexture, position sous-musculaire (ou dual-plane). - Patiente B, 35 ans, silhouette plus pleine, un peu de tissu mammaire existant, veut un bon effet “décolleté”.
→ Implant rond, gel cohésif, surface lisse ou microtexture, position sous-glandulaire ou dual-plane. - Patiente C, remplace un implant ancien, préoccupée par les risques de coque ou d’anciennes surfaces texturées.
→ Nouvel implant de gel cohésif moderne, microtexture, position selon l’état des tissus (souvent dual-plane).
✅ A se rappeler
Le “meilleur” implant n’existe pas universellement : il dépend de la morphologie, du niveau de tissu mammaire existant, des attentes esthétiques, et du confort que la patiente est prête à accepter (douleurs, risques, maintenance).
- Les implants ronds sont plus audacieux, mais moins “naturels” dans certaines morphologies.
- Les implants anatomiques offrent un résultat dissimulé, mais exigent plus de précision.
- Le gel cohésif est aujourd’hui le standard pour sa sécurité et son rendu.
- Les surfaces micro/nanotexturées cherchent à équilibrer mobilité et stabilité.
- La position sous-musculaire ou dual-plane est souvent préférée pour les poitrines fines ou les patientes exigeantes en naturel.
